Emergence du numérique dans le quotidien : Un défi économique

By 25 janvier 2017Actualité

 

Le mouvement qui a débuté dans les années 2000 avec l’essor d’Internet puis du Web 2.0, des réseaux sociaux et des smartphones, s’est poursuivi par le développement des objets connectés et du Big data[1]. La prochaine vague de croissance d’Internet viendra de la convergence des personnes, des processus, des données et des objets : il s’agit de l’« Internet du Tout connecté ».

Souvent perçus comme appartenant au domaine du bienêtre et du loisir, les objets connectés recouvrent pourtant une myriade de techniques, d’utilisations et de services possibles. La multiplication des capteurs entraîne la « numérisation du réel » et la quantité exponentielle de données générées alimente le Big data. L’Internet des objets contribuerait ainsi à doubler la taille de l’univers numérique tous les deux ans, lequel pourrait représenter 44 000 milliards de gigaoctets en 2020, soit 10 fois plus qu’en 2013, selon AT. Kearney.

 

Un enjeu économique majeur qui interroge la transformation digitale des entreprises

Une estimation économique inédite réalisée par A.T. Kearney pour l’Institut Montaigne souligne que les objets connectés associés au Big data représentent un potentiel de création de valeur estimé entre 74 milliards d’euros en 2020 (soit 3,6 % du PIB) et 138 milliards d’euros en 2025 (7 % du PIB). À ce potentiel, issu de trois leviers de création de valeur (augmentation de la productivité, gains de pouvoir d’achat et économies de temps monétisées), s’ajoute le développement d’un nouveau marché d’achat d’équipements connectés, estimé à 15 et 23 milliards d’euros respectivement en 2020 et 2025.

Si la révolution numérique est transverse, certains secteurs seront particulièrement impactés, comme le logement (économies d’énergie, développement de la domotique, etc.), la mobilité (systèmes d’aide à la conduite, coordination entre les véhicules, etc.) ou encore la santé (amélioration des politiques de prévention, de la prise en charge des maladies chroniques, etc.).

Un à un, tous les secteurs économiques vont basculer dans l’ère numérique, menaçant les entreprises de disparition si elles n’évoluent pas. Les entreprises sont donc contraintes à repenser leur positionnement dans ce nouveau paradigme, à développer de nouveaux avantages compétitifs, puis à se transformer pour saisir les opportunités qui s’offrent à elles.

La régulation des usages, tout en permettant le développement d’une économie de la donnée, peut paraître être une véritable gageure. La multiplication des capteurs dans l’espace public et privé rend possible l’obtention de données qui permettent d’analyser les activités, les comportements et les modes devie des individus. Or, l’invisibilité des capteurs et l’opacité partielle des traitements opérés sur les données sont très néfastes à la confiance entre les acteurs, véritable socle de l’économie numérique.

Pour y remédier, plusieurs actions peuvent être entreprises : par exemple, les Application Programming Interfaces ou API (en français « interfaces de programmation »), qui font le lien entre un utilisateur et une application et assurent l’interopérabilité de différents programmes et plateformes, peuvent servir d’outil pour suivre l’utilisation des données qui sont produites. Ils constituent des tiers de confiance, support clef à l’émergence durable et massive de ces systèmes.

De plus, le développement du Big data et des objets connectés suscitent des interrogations fortes liées à la protection de la vie privée. La transparence autour des données représente ainsi un défi pour les pouvoirs publics, chargés de garantir les droits des individus mais aussi de permettre l’émergence d’entreprises innovantes proposant de nouveaux modèles économiques tournés vers la donnée.

Pour réconcilier les usages, la compétitivité et la technique, les pouvoirs publics pourraient promouvoir un cadre législatif souple qui participerait au besoin actuel de sécurité et de transparence entre les acteurs.

 

Le Big data et les objets connectés sont au cœur d’une nouvelle ère numérique, dans laquelle les pouvoirs publics, les entreprises et les individus doivent saisir, en confiance, toutes les opportunités économiques et sociétales. La France, dans un cadre européen, peut en devenir un acteur de premier plan.

 

[1] IBM définit les Big Data, ou méga données ou données massives, comme des données produites de toute part au travers de capteurs notamment. Ces données sont tellement volumineuses qu’elles ne peuvent pas être traitées par des systèmes d’information classique.