De l’Internet des objets à l’Internet du tout connecté

By 24 février 2017Actualité

L’Internet des objets est un système de systèmes. Au coeur de cet Internet des objets se trouve la capacité de l’objet à interconnecter et interagir entre son environnement physique et son écosystème numérique.

L’Union internationale des télécommunications (UIT) définit l’Internet des objets comme une extension de l’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui, par la création d’un réseau omniprésent et auto-organisé d’objets physiques connectés, identifiables et adressables permettant le développement d’applications au sein de secteurs verticaux clés et entre ces secteurs par le biais de puces intégrées.

L’Internet des objets regroupe trois natures d’appareils :

  • les objets connectés directement à Internet ;
  • le M2M qui définit la communication entre machines et l’accès au système d’information sans intervention humaine via une technologie Bluetooth, RFID, NFC46, Wifi ou 4G par exemple ;
  • les terminaux communicants (smart connected devices) comme les tablettes ou les smartphones.

L’Internet des objets ne se limite donc pas au monde en ligne et permet potentiellement d’attribuer à chaque objet un double virtuel, une copie simplifiée des caractéristiques de l’objet présent dans le contexte physique. On notera qu’une des ruptures importantes introduite dans l’Internet des objets est venue du design et de l’ergonomie introduits notamment par Apple.

Après l’Internet des objets, la prochaine vague de croissance d’Internet viendra certainement de la convergence des personnes, des processus, des données et des objets : il s’agit de l’Internet of Everything (IoE), ou « Internet du Tout connecté ». L’Internet of Everything est la mise en réseau des personnes, des processus, des données et des objets. C’est un Internet multidimensionnel qui embrasse les champs de l’Internet des objets et de celui du Big data.

Le développement de l’Internet du Tout connecté s’appuie sur trois tendances :

  • les évolutions technologiques permettent de dégager davantage de bénéfices de la connectivité. Par exemple, l’augmentation considérable de la puissance de traitement, du stockage et de la bande passante disponible à des coûts toujours plus faibles ; la croissance rapide du cloud, des médias sociaux et de l’informatique mobile ; les possibilités d’analyse du Big data et d’obtention d’informations exploitables, ou encore l’amélioration de l’interopérabilité des technologies – matérielles et logicielles.
  • la contrainte des formats perd en influence. Aujourd’hui, un ordinateur de la taille d’un grain de sel (1 x 1 x 1 mm) est équipé d’une cellule solaire, d’une batterie ultramince, d’une mémoire, d’un capteur de pression, d’une radio et d’une antenne sans fil. De même, des capteurs de la taille d’un grain de poussière (0,05 x 0,005 mm) sont capables de détecter et de communiquer la température, la pression et les mouvements. Ces développements sont importants, car les objets connectés à Internet dans le futur pourraient être invisibles à l’oeil nu.
  • enfin, les obstacles à la connectivité s’effacent. La démultiplication du nombre d’adresses permet une plus grande flexibilité dans leur attribution et une meilleure agrégation des routes dans la table de routage d’Internet. Le format des Protocol IP est révolutionné (IPv6[1])

De manière encore plus prégnante qu’avec l’Internet des objets, l’Internet du Tout connecté repose sur la collecte, le traitement et l’analyse des informations individuellement ou collectivement partagées : les Big data, portés par l’essor des objets connectés.

De nombreuses voix s’accordent à dire que le Big data et les objets connectés représentent un important potentiel économique qui pourrait devenir un relais de croissance majeur pour nos économies endormies, même si le numérique connaît encore quelques obstacles dans son développement, notamment du point de vue de son coût[2] d’acquisition, de la distribution des matériels, et l’organisation de la filière qui reste à établir et enfin des compétences de mise en œuvre qui restent à renforcer du point de vue des installateurs.

[1] IPv6 permet la connexion de 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456 personnes simultanément.

[2] Et de son financement