Big Data matière première de la transformation numérique

By 1 février 2017Actualité

La donnée devient la matière première de la transformation numérique

Toutes les révolutions ont pour point commun d’opérer un changement complet de système technique qui influence toute la société. Ce qui caractérise une révolution, c’est bien son « aspect global ». La première grande révolution technique fut celle de la machine à la période Renaissance, dont la presse à imprimer typographique mise au point par Johannes Gutenberg en 1450 reste un symbole. La seconde fut la révolution mécanique de l’ère industrielle. La troisième grande révolution technique, enfin, est la révolution numérique, dont nous sommes à la fois les acteurs et les spectateurs privilégiés. Jeremy Rifkin parle bien d’une « troisième révolution industrielle » […] dernière des grandes révolutions industrielles [qui] va poser les bases d’une ère coopérative émergente ». On pourrait aussi l’associer à la notion d’informatisation de nos sociétés qui s’est séquencée en plusieurs étapes :

  • Les années 1960 marquent le temps des ordinateurs « grands systèmes » et des grands logiciels, fondés sur la dynamique algorithmiques
  • Les années 1970 normalisent les bases de données et l’architecture des systèmes d’information
  • Les années 1980 marquent la démocratisation de l’informatique
  • Les années 1990 marquent l’émergence de l’Internet. Ces derniers permettent, grâce à la documentation électronique et la messagerie de modifier les manières de travailler et racourcissent les temps de traîtement de l’information.
  • Les décennies 2000 et 2010 accélèrent le processus avec l’essor du Web 2.0[1] et l’élargissement des réseaux sociaux, l’apparition des terminaux mobiles, l’essor des objets connectés et le développement du Big data.

Ainsi, en moins de soixante ans, l’informatisation des sociétés est devenue complète et globale, nous faisant entrer dans une ère numérique.

Dans cette révolution numérique, les objets connectés occupent une place centrale. À la fois outils au service des utilisateurs et collecteurs de données, les milliards d’objets connectés sont en train d’ébranler nos vies et de bouleverser le fonctionnement de toutes nos organisations.

Les objets connectés et les applications associées que nous utilisons pour travailler, communiquer ou habiter, traversent en effet toutes les strates du quotidien, guident en partie nos gestes, conservent la mémoire de l’ensemble des données produites et alimentent le Big data. Selon Yannick Lacoste et Jean-François Vermont[2], « l’offre d’objets connectés est très en avance sur les usages. Le flot grandissant d’objets connectés soutient la croissance du Big data qui, à son tour, facilite l’explosion des usages ».

La donnée constitue la matière première de cette révolution numérique. À ce titre, elle a été comparée au pétrole, ressource au cœur de la seconde révolution industrielle. Elle constitue le gisement de base, que l’industrie exploitante extrait puis transforme. La révolution industrielle a permis de développer de nouveaux produits et de nouvelles technologies à partir du pétrole. Vers la fin du XIXe siècle, si l’usage du pétrole reste encore assez marginal, l’intérêt envers cette ressource est grandissant. Au cours du XXe siècle, le développement rapide de la chimie (dès les années 1930) et du marché automobile (après la Seconde Guerre mondiale) donnent au pétrole une place centrale dans l’évolution du système économique mondial, place qu’il occupe encore aujourd’hui. Les objets connectés jouent pour le Big data le même rôle de catalyseur que la chimie ou l’automobile pour le pétrole.

Le Big data est une ressource largement sous-exploitée et capable d’alimenter des progrès encore insoupçonnés. Il exige une certaine expertise pour extraire et « raffiner » les données afin d’en maximiser l’utilité. De même que le pétrole brut ne peut être utilisé comme combustible automobile, les données brutes ne sont pas pertinentes par elles-mêmes. Elles deviendront en revanche créatrices de valeur une fois analysées.

 

[1] L’expression Web 2.0 désigne l’évolution du Web vers l’interactivité à travers une complexification interne de la technologie permettant une simplification d’utilisation

[2] Yannick Lacoste et Jean-François Vermont, in G9+ et Renaissance numérique, Big Data, l’accélérateur d’innovation,